Ecouter les émotions de nos enfants

On sait aujourd’hui que les pleurs sont une des manifestations du processus de guérison, en régulant notamment le stress et les tensions. Quand on parle de bienveillance éducative, on « apprend » à comprendre qu’il ne faut pas chercher à les éviter en consolant ou en calmant notre enfant, mais plutôt qu’il est important de les laisser être, naturellement (en offrant une présence bienveillante et compréhensive bien sûr !).
 
Pourtant, nombre de parents se sentent parfois désarmés face à la violence de certaines décharges émotionnelles (cris, coups dans les objets ou sur le parent, panique, désorganisation dans les mouvements…puis plus tard : insultes, provocations, insolence) et réalisent qu’ils n’arrivent pas à permettre cette manifestation en « simplement » en offrant une présence et se mettant à leur écoute. Cela peut même les mettre dans une colère noire…
 
Au-delà d’être capables de supporter ces crises, il s’agit avant tout d’une affaire d’acceptation : de se retrouver dans l’inconfort face à autrui lorsque ces crises ont lieu « devant tout le monde », que notre enfant ne réagisse pas « comme un enfant sage » en se montrant opposant (= « si mon enfant ne se montre pas conforme à ce que la société attend de lui, c’est que je fais mal mon boulot de parent »), et au-delà encore, l’acceptation, peut-être, de ce qui nous gêne réellement au fond par rapport à ces crises : notre propre impossibilité de faire des crises de rage pour exprimer nos frustrations alors que nous étions enfant : le sentiment de frustration de n’avoir pas pu exprimer nos frustrations !
 
Car à chaque fois que mon enfant manifeste des émotions négatives de façon intense, cela me renvoie systématiquement à ma propre enfance et à la manière dont j’ai, moi-même, été autorisé(e) à exprimer mes sentiments négatifs. Mais aussi à la manière dont ces manifestations étaient accueillies, écoutées et reconnues.
 
Pour vous raconter comment j’ai moi-même pris conscience de l’importance d’écouter les émotions négatives de mes enfants : c’est en vivant moi-même à fond mes propres émotions négatives et en m’autorisant à les vivre pleinement (en pleurant de tout mon saoul, en criant, en claquant les portes, en accusant la terre entière de tous mes maux…..), c’est-à-dire aussi en acceptant l’idée que mes émotions n’étaient ni bonnes ni mauvaises, mais qu’elles étaient, tout simplement…Et qu’elles avaient le droit d’exister, que j’ai progressivement accepté celles de mes enfants, que j’ai réussi à mieux entrer dans leur propre monde et à toucher du coeur leurs ressentis.
 
Ce n’est finalement pas si important que cela de comprendre POURQUOI leurs émotions négatives sont présentes, mais plutôt le fait d’ÊTRE LÀ pour leur permettre de se manifester dans leur authenticité. C’est cette conscience de leur état naturel et nécessaire à la guérison de l’être qui m’a aidé, par la même occasion, à en saisir (parfois immédiatement, parfois plus tard, parfois jamais ou pas encore, comme vous préférez…) les POURQUOI.
 
Et vous ? Comment vivez-vous les manifestations émotionnelles intenses de vos enfants ? Comment faites-vous pour les supporter ?
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4 réflexions sur “Ecouter les émotions de nos enfants

  1. Je ne sais pas répondre avec justesse.
    Parfois avec colère, parfois avec écoute, parfois avec douceur.. J’arrivais jusqu’à il y a encore peu, à l’accompagner jusqu’à 3h de crises (la moyenne étant plutôt 1h30/2h). Désormais j’ai surtout de la colère et de l’épuisement, bien que je travaille dessus au maximum.
    Je n’ai pas encore saisi ce qui fait que désormais je ne sais plus autant l’accompagner (il a 4 ans et demi).
    Merci pour votre article qui m’apporte non des réponses (qui sont en moi) mais des éléments pour travailler 🙂

  2. un ptit tour sur ton blog me fais le plus grand bien. J’aime beaucoup te lire: on sent l’authenticité,la réflexion et l’acceptation,preuve d’un joli travail sur soi. C’est vrai qu’en étant juste là, on touche l’essentiel : montrez à son enfant qu’il peut exprimer qqchose et que cela ne change rien en l’amour que l’on a pour lui. Là où cela devient difficile,c’est quand cela touche nos limites et j’ai appris depuis peu à mettre des mots: tu as le droit d’être colère, de pleurer, mais j’ai du mal à supporter ou je ne peux pas rester parce que j’ai ton ptit frère dans les bras…. et parfois Stan me suit en hurlant donc ce n’est pas évident… et puis le grand chemin,c’est d’accepter d’avoir des émotions, que cela est naturel et sain. Pendant les crises de reflux de mon ainé, avec le manque de sommeil, je me levais et parfois frappait contre les murs/pleurait… mon mari me disait que j’avais l’air d’une dingue mais au moins ma colère et ma fatigue sortait et surtout la pression redescendait ce qui me permettais d’être dispos pour accompagner les pleurs de Stan 😉 Maintenant, j’essais de « transformer » ma colère en pleurs, cela me permet de décharger et de rebondir, parce que j’ai remarqué que si je reste avec ma colère et/ou ma fatigue, cela monte crescendo … jusqu’à ce que je crie ;-((( alors que les pleurs me permettent de rebondir. Il y a tout un travail de découverte de soi quand on veut accompagner nos enfants de facon bienveillante… merci pour tes écrits, toujours plein de réflexion et de sens

  3. Être enseignante est aussi une opportunité précieuse de montrer l’acception des enfants, ce qui peut leur permettre de s’épanouir, même s’ils ne reçoivent pas l’acception partout encore !

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