« Sois parfait ! »

Dans le 1er numéro du magazine Peps (http://www.pepsmagazine.com), il y a un dossier sur une petite voix du passé que nous avons pu entendre pendant une bonne partie de notre enfance : le fameux « Sois parfait ! ». Le message resté alors ancré en nous et moteur de la plus grande partie de nos actes sera le suivant : « si je ne suis pas parfait, je risque de ne pas être aimé »….

Aujourd’hui, les adultes devenus sont quotidiennement soumis aux freins suivants : une paralysie qui empêche le passage à l’acte (« soit on fait les choses parfaitement, soit on ne fait rien ! »…ou alors le « Si je sens que c’est hors de portée pour moi, à quoi bon ? »), un manque de confiance en soi, la dépendance au regard des autres, l’exigence continuelle que nous avons envers nous-mêmes (et donc, le manque de compassion et de bienveillance…) et la dépression (« La peur de perdre l’amour de ses parents coupe l’énergie vitale de l’enfant. Elle le centre sur leurs attentes et l’empêche d’être lui-même »).

Avez-vous remarqué qu’à présent que nous sommes devenus nous-mêmes parents, l’une des conséquences que j’ai évoquées ci-dessus peut être l’une des raisons pour lesquelles nous rencontrons des difficultés au quotidien avec nos enfants ? En effet, tous les jours, des parents ici et là me disent : « je sais que ce que je fais n’est pas bien pour eux », « je doute continuellement de tout ce que je fais avec mes enfants », « le jugement des autres me pèse tout le temps », « les autres me regardent de travers lorsque mon enfant fait une crise devant tout le monde », etc. etc. etc. (et la liste est -très- longue !).

Ce constat (d’admettre que c’est l’injonction d’être parfait qui pilote nos actes d’adultes vis-à-vis de nos enfants, mais aussi de toutes les personnes avec qui nous avons des relations) peut néanmoins nous aider à avancer et à inverser la tendance, progressivement. Avec le temps, il sera plus facile, avec cette conscience, de moins nous condamner, de moins nous juger aussi sévèrement, mais aussi d’être capables de plus de douceur avec nous-mêmes, de plus d’empathie, de plus de Respect….

Et vous ? Comment vivez-vous ce sentiment de ne « jamais être à la hauteur » ?

Ecouter les émotions de nos enfants

On sait aujourd’hui que les pleurs sont une des manifestations du processus de guérison, en régulant notamment le stress et les tensions. Quand on parle de bienveillance éducative, on « apprend » à comprendre qu’il ne faut pas chercher à les éviter en consolant ou en calmant notre enfant, mais plutôt qu’il est important de les laisser être, naturellement (en offrant une présence bienveillante et compréhensive bien sûr !).
 
Pourtant, nombre de parents se sentent parfois désarmés face à la violence de certaines décharges émotionnelles (cris, coups dans les objets ou sur le parent, panique, désorganisation dans les mouvements…puis plus tard : insultes, provocations, insolence) et réalisent qu’ils n’arrivent pas à permettre cette manifestation en « simplement » en offrant une présence et se mettant à leur écoute. Cela peut même les mettre dans une colère noire…
 
Au-delà d’être capables de supporter ces crises, il s’agit avant tout d’une affaire d’acceptation : de se retrouver dans l’inconfort face à autrui lorsque ces crises ont lieu « devant tout le monde », que notre enfant ne réagisse pas « comme un enfant sage » en se montrant opposant (= « si mon enfant ne se montre pas conforme à ce que la société attend de lui, c’est que je fais mal mon boulot de parent »), et au-delà encore, l’acceptation, peut-être, de ce qui nous gêne réellement au fond par rapport à ces crises : notre propre impossibilité de faire des crises de rage pour exprimer nos frustrations alors que nous étions enfant : le sentiment de frustration de n’avoir pas pu exprimer nos frustrations !
 
Car à chaque fois que mon enfant manifeste des émotions négatives de façon intense, cela me renvoie systématiquement à ma propre enfance et à la manière dont j’ai, moi-même, été autorisé(e) à exprimer mes sentiments négatifs. Mais aussi à la manière dont ces manifestations étaient accueillies, écoutées et reconnues.
 
Pour vous raconter comment j’ai moi-même pris conscience de l’importance d’écouter les émotions négatives de mes enfants : c’est en vivant moi-même à fond mes propres émotions négatives et en m’autorisant à les vivre pleinement (en pleurant de tout mon saoul, en criant, en claquant les portes, en accusant la terre entière de tous mes maux…..), c’est-à-dire aussi en acceptant l’idée que mes émotions n’étaient ni bonnes ni mauvaises, mais qu’elles étaient, tout simplement…Et qu’elles avaient le droit d’exister, que j’ai progressivement accepté celles de mes enfants, que j’ai réussi à mieux entrer dans leur propre monde et à toucher du coeur leurs ressentis.
 
Ce n’est finalement pas si important que cela de comprendre POURQUOI leurs émotions négatives sont présentes, mais plutôt le fait d’ÊTRE LÀ pour leur permettre de se manifester dans leur authenticité. C’est cette conscience de leur état naturel et nécessaire à la guérison de l’être qui m’a aidé, par la même occasion, à en saisir (parfois immédiatement, parfois plus tard, parfois jamais ou pas encore, comme vous préférez…) les POURQUOI.
 
Et vous ? Comment vivez-vous les manifestations émotionnelles intenses de vos enfants ? Comment faites-vous pour les supporter ?

Le front commun parental

On me pose souvent la question du front commun des parents à propos de l’éducation des enfants.

Cette histoire n’est pas tant un problème de devoir de cohérence (est-il cohérent de croire que deux personnes peuvent avoir une vision exactement identique de la vie ?!), même s’il peut être perçu comme tel, mais plutôt comme une difficulté pour les parents d’imaginer que nos enfants ont et auront à interagir avec des personnes qui possèdent une vision de la vie différente de la leur (ceci est notamment vrai à l’école, par exemple, rappelez-vous comment vous réagissez lorsque l’enseignant n’est pas d’accord avec vous ou ne fait pas ce que vous attendez de lui…).

En effet, dans le couple, nous sommes deux individus totalement différents, avec des besoins qui ne se manifestent pas nécessairement au même moment, des idées, des envies, une histoire personnelle et des aspirations différentes et ce, même si nous partageons des valeurs communes.

A chaque fois que mon conjoint ne se comporte pas tel que je le voudrais avec mes enfants, je me pose cette question : « Comment est-ce que je me sens lorsqu’il agit ainsi ? » « Qu’est-ce que ça me rappelle ? »

Et je tombe souvent sur le même constat : je suis en train de rejouer mon histoire d’enfant vis-à-vis de l’autorité, à savoir, soit j’affronte de face l’autorité pour la combattre, soit je la fuis en ayant l’impression que je cautionne, par mon silence ou ma non-réaction ou opposition, ce que je réfute, soit je m’inhibe en n’osant pas affirmer mes positions et mes choix. Et tout ceci tire son origine dans le degré de confiance en soi que l’on s’est construite au fil de notre vie (majoritairement par l’éducation que nous avons reçue).

Comme si j’imaginais dans mon esprit que mon mari est, soit d’accord avec moi (dans ce cas, tout va bien…en tout cas pour moi !), soit il est en désaccord (et dans ce cas, il y a conflit entre nous). Tout ceci me fait penser à une pensée très binaire : « soit, soit ». Comme s’il n’existait pas de troisième voie : celle de la prise en compte des besoins et des positions de chacun. « Sois j’ai raison et donc tu as tort, sois tu as raison et donc je n’ai plus rien à dire ».

Car quand je constate que mon conjoint a réagi brusquement face à mon enfant alors que je fais de mon mieux et que je déploie des efforts parfois surhumains pour rester dans la bienveillance éducative, j’ai l’impression qu’il me ruine mon travail.

Seulement, ai-je oublié dans l’intervalle d’essayer de comprendre ce qui se passe en lui à ce moment-là et ce qu’il rejoue de sa propre enfance. Mais aussi quels pourraient être ses besoins à lui, ce qu’il cherche à exprimer et à affirmer par ses réactions !

J’oublie également que si j’essaye d’être à l’écoute de mon enfant, mais que j’agis, soit en affrontant mon compagnon, soit en fuyant les conflits, soit en inhibant mes positions et ma personnalité, j’enseigne exactement à mon enfant que les relations ressemblent à ça : soit on attaque (pensée unique), soit on fuit (lâcheté), soit on s’inhibe (on prend sur soi). Dans ce cas, suis-je vraiment cohérente avec les valeurs (d’écoute, d’empathie, de respect…) que je souhaite transmettre à mon enfant ? Et je tombe moi-même dans le « Fais ce que je dis, pas ce que je fais ! ».

Je peux pourtant me mettre aussi à l’écoute (silencieuse, verbale ou non verbale, l’observer pour me permettre de prendre du recul) de mon compagnon, en ayant conscience du fait que ce qui m’affecte dans ses comportements constituent LE point qui touche ce qu’il me reste à guérir dans ma propre histoire.

Dans les moments où j’étais en guerre, soit déclarée, soit intérieure avec les attitudes de mon compagnon, j’oubliais à quel point j’avais de la chance : alors que je vois tout autour de moi des parents qui menacent leurs enfants et adoptent avec eux des attitudes extrémistes, si au moins au sein de mon foyer, il existe une personne qui arrive à se mettre à l’écoute de son enfant, celui-ci peut espérer apprendre les mécanismes qui sous-tendent une communication efficace et le bon équilibre des relations humaines et apprendre ainsi à son tour à interagir de façon saine avec son entourage.

N’oubliez pas : la bienveillance irradie toujours autour d’elle ! Il faut seulement se montrer patient…

Et vous ? Comment gérez-vous la cohérence éducative au sein du couple ?

Animation d’ateliers de soutien à la parentalité à Paris 1er trimestre 2012

Dans le cadre de son projet d’accompagnement des enfants, des ados et de leurs parents et éducateurs, l’association EduKa-3000 me fait l’honneur de solliciter mon intervention pour animer des ateliers en soirée de soutien à la parentalité positive au centre social La Clairière, à Paris. Vous trouverez son programme pour cette rentrée ici : http://eduka-3000.blogspot.fr/2012/09/notre-proposition-dactivites-souples.html

Quand l’inquiétude de nos enfants nous inquiète

Lorsqu’on pratique l’écoute, on se rend compte à quel point nos enfants vivent leurs émotions comme nous : avec des hauts, des bas, et parfois, des transitions entre les uns et les autres considérablement fluctuantes. Et il est possible qu’on se dise : « Mais mon Dieu, ils ne vont jamais bien ces enfants-là, ils ont toujours quelque chose ! ».

En réalité, lorsque nous pratiquons l’écoute (sans conseils ni justifications du style « je sais, mais c’est obligatoire, tu ne peux pas faire autrement ! » ou alors « mais je suis sûre que ça va aller, parce que tu es une petite fille très courageuse »…) avec notre enfant, nous lui offrons un espace où il peut se sentir en sécurité et en confiance pour exprimer ce qu’il ressent. Notre enfant, de son côté, est en train de nous tendre LA clé qui mène vers un recoin de son monde intérieur, ce n’est pas rien ça…

Et c’est là que parfois, le bât blesse chez nous…Car dans ce qu’ils partagent avec nous, il y a des moments où nous avons tendance à voir les choses plus noires qu’elles ne sont en réalité, à penser que ce qu’il vit est très grave, que nous, lorsque nous étions enfants, nous n’avions pas de tels sentiments négatifs ou de telles préoccupations. Et même en arriver à penser que notre enfant est dépressif, qu’il « chouine » sans cesse, « qu’il n’est jamais content », voire qu’il n’est pas « normal ».

S’est-on seulement posé la question de savoir comment nous, nous étions écoutés lorsque nous étions enfants, si nous avions la possibilité de dire à nos parents : « Je t’en veux parce que tu m’as refusé ceci ou cela » et/ou d’entendre nos parents répondre : « oui, tu dois te sentir en colère parce que je t’ai refusé…alors que toi, tu avais envie de…parce que c’est important pour toi de…. »…

Lorsqu’on connaît la réponse, et qu’on se rend compte que l’une des réponses (si nous avions osé !), c’était probablement : « Tu ne me parles pas comme ça », on se dit : « eh bien, non, c’est normal, mon enfant, lui peut exprimer des choses que moi je n’ai pas pu exprimer, des sentiments restés enfouis en moi et qui sont encore peut-être encore aujourd’hui bloqués à l’intérieur de moi et dont je n’ai peut-être pas conscience ».

Et c’est à ce moment-là que l’écoute commence à devenir difficile…Car  à chaque fois revient le petit message dans la tête qui tourne plus ou moins en boucle selon les individus : « Moi, je n’ai pas eu le droit de dire ça. » Pour peu que la façon de s’exprimer de l’enfant soit un peu insolente ou « défiante »…

C’est, en effet, dans ces moments que nous, parents, nous pouvons nous refermer et ne plus arriver à rester concentré sur la relation…C’est là que nous pouvons passer en une fraction de seconde en mode « pilote automatique », à savoir : « Je raisonne et je vois les choses avec mes yeux d’enfant blessé » : « Comment ose t-il… ».

Et là, je ne suis plus capable ni d’accueillir ce que mon enfant partage avec moi, ni d’avoir le discernement et la capacité d’empathie nécessaires pour distancier son vécu de ma propre histoire et lui offrir la présence dont il a vraiment besoin qui lui permettrait de se réparer, lui.

Par exemple, si nos parents étaient des gens préoccupés par la sécurité, à chaque fois que mon enfant exprime un sentiment d’inquiétude, alors revient en force notre propre sentiment d’inquiétude dans lequel nous avons baigné, enfant.

Au lieu alors d’accueillir cette inquiétude comme un sentiment universel et commun à tous les êtres humains, nous arrivons à nous inquiéter de son inquiétude. Il « réussit » à nous replacer dans le même état d’angoisse que celui qu’il est en train d’exprimer.

N’oublions pas que l’écoute est parfois très difficile à pratiquer selon que ce que notre enfant nous dit résonne avec notre histoire personnelle, que ce soit de manière consciente ou inconsciente.

Ainsi, pratiquer l’écoute empathique et retraverser notre histoire d’enfant nous aide à offrir une présence dégagée de l’affect et plus riche d’empathie, d’ouverture et de compréhension (puisque je comprends dans ces instants que ce n’est pas mon propre vécu qui émerge, mais bien celui de on enfant). Cela est libérateur, aussi bien pour moi que pour lui : je ne plonge pas dans le puits avec lui (pour souffrir avec lui en n’étant plus capable de satisfaire son besoin de sécurité), et lui n’a pas à porter mon histoire sur ses épaules. Je peux donc lui garantir une présence solide qui le mènera vers sa propre recherche de solutions.

Y a-t-il pour vous des moments précis où l’écoute s’avère particulièrement difficile et chaotique ?

Rentrée scolaire : choisir de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide !

« Maman, j’ai pas envie d’aller à l’école… » me dit mon fils en pleurant…

Tous les ans, c’est la même chose quelques jours avant le jour fatidique, celui où la vie scolaire est sur le point de reprendre ses droits sur le quotidien libre qu’avaient nos enfants pendant la période estivale.

Dans deux jours, nos enfants vont à nouveau arpenter les bancs de l’école et heureusement, ils vont : retrouver leurs copines et leurs copains, continuer à réveiller et à faire grandir leur soif d’apprendre, rebaigner dans le dynamisme de la vie en collectivité, avec les opportunités qu’elle offre d’évoluer au contact des autres en essayant d’apprendre à se connaître soi-même un peu plus, mais aussi à rester soi-même face à autrui.

Malheureusement, pour nos enfants, reprendre l’école, c’est aussi :

–          ré-entendre des injonctions toute la journée,

–          se voir évoquer des notions telles que la punition, les « au coin », les « chut ! Taisez-vous ! » à tout bout de champ, la grande angoisse d’être continuellement comparé aux autres et la peur de se voir être écarté de l’élite des élèves sages , ceux qui travaillent « bien »…

–          baigner dans un bruit permanent, sans aucun moment de répit, de bref repos, de pause pour reprendre un peu de respiration,

–          suivre un rythme qui n’est pas forcément le leur, mais celui imposé et pensé pour la masse…

Et la mauvaise nouvelle dans tout ça, c’est que pour que les enfants qui grandissent dans un climat familial bienveillant, l’école représente et creuse un fossé encore plus grand entre ce qu’ils vivent chez eux et ce qui les attend dans leur quotidien scolaire.

En effet, j’ai tellement vu le regard interloqué de mon fils cadet face à un père menaçant sa fille de 4 ans d’une fessée, d’une mère grondant sa fille d’avoir oublié ses affaires, d’une maîtresse ironique et non attentionnée ou d’une jeune fille chargée d’encadrer les enfants affairée à jouer à l’adulte en imposant la sévérité tant attendue (pour le « bien » des enfants, bien entendu…on ne peut pas vivre sans discipline, sans règles et puis, dans la vie, « ils n’auront pas toujours le choix », « il faut bien leur apprendre les limites »….).

J’ai aussi participé à tant de discussions de mes enfants ébahis par l’importance que semble représenter la punition pour les adultes, notion qui n’a aucun sens pour eux (si ce n’est de se sentir coupables d’être qui ils sont !), à laquelle ils n’accordent aucun crédit, et dont l’unique conséquence est de les inciter à s’opposer, ou alors à « prendre sur eux » en réprimant leurs émotions ou à apprendre comment « contourner » les sentiments de honte qu’ils ressentent sous les punitions et les menaces en essayant de se convaincre qu’ils seront plus « forts » que les autres ou qu’ils passeront à travers…

Eh oui ! Lorsqu’on éduque ses enfants dans le respect, ces derniers tombent de haut le jour où ils réalisent que ailleurs que chez eux, ce respect n’est pas.

J’ai souvent vu le verre à moitié vide lorsqu’il s’agissait de l’école, malgré les avantages qu’elle offre : se confronter à la vie en groupe, apprendre à structurer ses apprentissages, son mode de vie, c’est bien ainsi que notre société fonctionne. Combien de fois ai-je eu l’impression qu’en acceptant de les scolariser, je les emmenais directement au casse-pipe !…alors que l’instruction en famille, les écoles autogérées, les pédagogies respectueuses qui ont largement fait leurs preuves existent !

Je sais que cette période est propice à une écoute encore plus intense, à une présence encore plus solide, compatissante et empathique et à l’expression renouvelée de l’amour qu’on leur porte et dont ils immensément besoin d’être entourés.

Ils ont, en effet, besoin de dire qu’ils ont peur, qu’ils ne savent pas à quelle sauce ils seront mangés, si l’on dira d’eux que ce qu’ils produisent, c’est « bien » ou « complètement nul ». Ils ont plus que besoin de partager leurs craintes, d’espérer que dans cette configuration, ils continueront à pouvoir être libres, à continuer de rêver et d’imaginer quelle peut et pourra être leur vie. Ils ont plus que besoin d’être assurés que nous continuerons à les aimer sans condition, même s’ils échouent dans une évaluation ou une autre.

Il est certain que les autres enfants vivent l’école comme le prolongement de ce qui se passe déjà à la maison : « il faut que tu… », « tu devrais… », « ça fait cent fois que je te dis de… », « si tu continues comme ça… », car même lorsqu’on est vacances, tranquille au bord de la plage, c’est ce qu’on entend chez les parents de la serviette d’à côté…

Et pourtant, j’ai choisi de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide !

Parce que figurez-vous, les enfants accompagnés dans le respect et la bienveillance et dont les parents ont pour priorité la relation plutôt que l’application de principes éducatifs, ont des ressources plus solides pour faire face aux contraintes de l’école (et à la vie !).

En effet, même s’ils peuvent ressentir de l’amertume lorsque l’un de leurs copains se fait remonter les bretelles, que ce soit de façon juste ou injuste, même s’ils se sentent rentrer dans une toute petite boîte sans oxygène n’osant plus prendre d’initiatives (si ce n’est pour se conformer à ce qu’ils perçoivent de ce que l’on exige d’eux) alors qu’ils ont évolué au grand air et goûté à la plénitude d’être soi sans aucun jugement, ils savent néanmoins s’en sortir :

parce qu’ils savent que quelqu’un est là pour écouter leurs peurs, pour leur redonner espoir en leur montrant que d’autres voies peuvent s’entrouvrir pour leur permettre d’exister et de s’exprimer, pour accueillir leurs colères, leurs sentiments d’injustice, de révolte et pour leur signifier qu’ils n’auront pas besoin de rentrer dans le moule commun pour être des personnes d’une grande valeur. Lorsque nous les élevons dans la bienveillance, nous leur montrons que nous avons pleinement confiance en leurs capacités, qu’ils peuvent s’autoriser à échouer sans penser qu’ils ne valent plus rien et qu’ils SONT bien plus que ce qu’ils FONT.

Ne croyez pas que l’école éteint l’étincelle et la joie intérieure de nos enfants, bien au contraire, elle leur permet, avec ses imperfections et sa ressemblance avec la vie des adultes, d’apprendre à se respecter, à respecter et à comprendre autrui et à devenir soi, d’autant plus que notre appui est inconditionnel.

Et chez vous ? Comment vos enfants réagissent-ils à l’approche de la rentrée scolaire ? Leur offrez-vous plus d’écoute que d’habitude ?